La voix des jeunes
À l’automne 2021, j’ai été scrutatrice pour des élections à deux ordres de gouvernement : fédéral et municipal. Comme d’autres démontent des moteurs pour en examiner les rouages, j’ai été prise par l’envie d’aller voir comment ça fonctionne de l’intérieur, une élection. Je ne chroniquais dans aucun média et j’avais le temps de le faire.
Avant de pouvoir travailler au scrutin, il faut suivre une petite formation, courte et très accessible. On y croise des gens de tous les âges, de tous les genres. Et il y a une petite paye à la clé, environ 500 $. Le jour des élections, j’avais été postée dans l’entrée d’un immeuble où vivent des personnes âgées, près du métro Beaubien. On était en période non seulement électorale, mais aussi pandémique, et certains électeurs se rendaient à l’isoloir en pensant qu’ils allaient s’y faire vacciner…
Deux mois plus tard, au vote municipal, on m’a cette fois envoyée dans une école primaire de l’arrondissement de Rosemont, avec pour coéquipier Thomas, un jeune qui n’avait pas encore l’âge de voter, mais qui, à 17 ans, pouvait être préposé au scrutin. Quelle bonne idée formatrice pour un jeune, d’aller vivre une expérience aussi concrète. Il était très méthodique et débrouillard, meilleur que moi en calcul.
En soirée, lorsque le moment du dépouillement est arrivé, qu’on s’est mis à vider les urnes et à compter les voix, j’ai vécu une petite épiphanie : la démocratie passait entre nos mains. C’était à la fois tout simple et grandiose. Émouvant, même.
Tellement que lorsque je suis retournée chez moi, aux alentours........
