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Civisme printanier

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02.06.2026

Ce printemps, dans la ruelle, alors que je déambulais en Crocs une coupe de blanc à la main à l’heure du 5 à 7, une belle surprise m’attendait : les plantes et les arbustes installés dans les fosses lors de l’aménagement de la ruelle verte ont non seulement survécu, mais ils pètent le feu. Mais le plus surprenant, c’est la quantité d’enfants de deux, trois, quatre ans qui ont poussé tout d’un coup, hop !, lutins en Big Wheel et petites fées en couche qui clopinent en riant, morvant, braillant.

À l’inverse, ça ne pousse pas fort à l’avant de la maison, dans mon carré d’arbre. J’habite ici depuis 16 ans et je ne me suis jamais donné la peine de le fleurir. En joggant aux alentours, j’ai été renversée par la beauté de plusieurs d’entre eux, il y en a même un avec de généreux choux mauves. À cela s’ajoutent les saillies de trottoirs verdies par des employés de la Ville. Alors, pourquoi ne mettrais-je pas, moi aussi, un peu de vert, de rose, de jaune dans les parages, me suis-je dit en contemplant le rectangle de vieille terre sèche fendillée autour de l’érable devant chez moi, où pissent de très gros chiens à la journée longue.

J’ai décidé d’investir de ma poche, rapporté une hydrangée de la pépinière, planté les bulbes de dahlias offerts par une amie et aussi des cosmos — déjà une jolie fleur a ouvert ses pétales mauves. Advienne que pourra.

Par ma fenêtre entrouverte, j’ai entendu cet échange entre un petit garçon et son père :

— Papa, je veux arracher la fleur !

— Peut-être que quelqu’un l’a plantée pour embellir le quartier.

— Oui, mais moi je veux l’avoir !

—........

© Le Devoir