Le prix de la dignité retrouvée |
Le phénomène de l’itinérance au Québec vogue de sommet en sommet. Il franchit un autre triste record, cette fois bien au-delà des grands centres, comme en témoigne le dernier exercice de dénombrement 2025, dont les données préliminaires ont été dévoilées la semaine dernière. Et encore : il s’agit là seulement de ce que l’on sait voir avec les yeux, la manœuvre comptable ne s’attardant qu’à la portion visible de ce phénomène en croissance. Le décalage est donc de plus en plus criant entre la croissance du problème et les moyens qui y sont collectivement consacrés.
Une crise en entraîne une autre. Voilà ce que semble hurler de tous ses chiffres le dernier calcul du problème de l’itinérance au Québec, qui braque la lumière sur les répercussions tragiques de la crise du logement sur la vie de milliers d’individus. L’itinérance visible a augmenté de 20 % au Québec depuis 2022. Mené le 15 avril dans 15 régions du Québec, le dénombrement national a permis de comptabiliser quelque 12 000 personnes sans abri cette nuit-là. Et, cette fois, quelque chose a changé dans la géographie du problème, car il n’est plus concentré à Montréal.
Cet exercice de dénombrement, le troisième du genre depuis 2018, est devenu une sorte de boussole pour mesurer l’ampleur d’un phénomène par définition difficile à........