Le cancer ne reporte pas son échéance

« Si ça avait été pris en charge plus tôt, est-ce que ça se serait rendu à ce stade ? » Karina Miron, 42 ans, se répète cette question lancinante. Entre le moment où elle a détecté une bosse anormale au sein et le moment où un diagnostic de cancer a été confirmé, cinq mois se sont écoulés. Au bout de cette attente, le verdict de stade 3 est tombé.

Son interrogation est bien légitime, et d’autres Québécois devenus patients impatients ont la même : est-ce que les délais d’attente en oncologie — pour un premier rendez-vous, la réception d’un résultat de pathologie, une date d’opération, le début d’un traitement — ont une incidence sur la gravité de la maladie, et même sur le pronostic de survie ? La question contient la réponse. Oui, inévitablement, et à des degrés variables selon les situations.

Le cas de Karina Miron, dont l’incursion dans l’univers de l’oncologie a commencé il y a deux ans, n’est pas unique. Et malgré toute la bonne volonté de l’appareil décisionnel, certains freins systémiques, comme la pénurie de personnel, font obstacle à des décisions précisément mises en œuvre pour lutter contre les délais d’attente. Notre journaliste en santé, Florence Morin-Martel, nous apprenait cette semaine que le déploiement de guichets visant........

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