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La réalité alternative de Mark Carney

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30.05.2026

Pendant des années, Mark Carney a gravité autour du Parti libéral du Canada (PLC), cherchant à devenir calife à la place du calife. De longue haleine, il y est enfin parvenu en 2025 après la démission de Justin Trudeau. Depuis, on dit de lui qu’il marche sur l’eau, caracolant dans les sondages, accomplissant selon certains miracle après miracle.

Carney est venu en politique comme peu d’hommes avant lui. À la fin du règne de Justin, les libéraux l’attendaient avec presque autant d’empressement que les Français attendaient le général de Gaulle à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. C’est dire à quel point leur désespoir était grand ou plutôt les sondages catastrophiques.

Mais si la première condition de l’entrée en politique de Carney fut le départ de Trudeau, la deuxième condition s’est réalisée avec le retour du promoteur immobilier à la Maison-Blanche. Aujourd’hui, qui peut imaginer Mark Carney chef du gouvernement canadien sans lorgner du côté de Washington ?

Pour un néophyte en politique comme Carney, il fallait des conditions très particulières pour réussir ce coup de maître : s’emparer du pouvoir sans faire ses classes au sein d’un parti. Un peu comme un élève qui saute non pas une année scolaire, mais tout un cycle d’études. Cela prend beaucoup de talent et… un peu de chance. Ou le contraire ?

Sans le cinquante et unième État de Trump, sans ses « Monsieur le gouverneur », adressés dès la fin 2024 à Trudeau, sans les........

© Le Devoir