Les petits pains culturels
A-t-on si peu de mémoire à la Coalition avenir Québec (CAQ) qu’on a oublié ce qui avait conduit Yves Bolduc à se mettre le pied dans la bouche jusqu’au genou en décrétant qu’il n’y avait pas un enfant qui allait mourir des coupes dans l’achat de livres à l’école en 2014 ? Se souvient-on que la CAQ avait vu dans son choix de se poser en défenseur de l’autonomie des commissions scolaires la preuve éclatante de son « irresponsabilité » ?
Philippe Couillard avait mollement défendu la ligne dure de son ministre de l’Éducation avant de faire marche arrière devant le tollé. L’affaire avait marqué son gouvernement au fer rouge, au moins autant que sa sortie déconnectée sur ce qu’il en coûtait pour nourrir une famille en 2018. C’est dire.
Mme Fréchette risque de tomber dans le même piège en soutenant le projet de sa ministre de l’Éducation de fondre une dizaine de mesures protégées consacrées aux sorties culturelles, aux livres, aux sports, à la science ou au parascolaire en une enveloppe de 288,1 millions à moduler au gré des besoins et des envies des centres de services scolaires (CSS). Sait-elle que si elle va au bout de cette logique comptable digne du « né pour un petit pain », elle prend le risque de nourrir notre appauvrissement culturel collectif ?
Le livre n’est pas un accessoire dans les classes, c’est un........
