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Le péril jeune

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09.10.2026

La colère sociale gronde en France. Une colère inflammable. L’étincelle aurait pu venir des agriculteurs, des Gilets jaunes, des écolos. Elle est venue des lycéens. Ce qui est parti comme un feu de paille local dans un lycée de Créteil n’aura mis que quelques jours pour se répandre. C’est maintenant un feu de brousse national sur lequel plane la brûlure d’une « superposition des crises » alors que le marasme des comptes publics, la vie chère et l’explosion des prix de l’énergie et à la pompe accablent les Français.

C’est ce qui arrive quand une société met l’individu devant la collectivité et néglige d’assurer le financement adéquat de ses services publics. Et pour en arriver à quoi ? À une dette publique partie en vrille jusqu’à atteindre 119 % du PIB. Du jamais vu depuis 1946. Cet abîme financier sera partout entre les lignes du budget 2027 que les députés auront à examiner à compter de la semaine prochaine.

De la marge, il n’y en a plus, ou si peu, alors que des secteurs en souffrance, il y en a tant que le gouvernement peine à en tenir la liste. Mais en raillant et en minimisant les demandes des lycéens, le premier ministre Sébastien Lecornu aura servi d’accélérant à la mobilisation. Dans sa troisième semaine, celle-ci refuse de s’essouffler, oxygénée par des alliés qui ont du souffle : parents, grands-parents,........

© Le Devoir