Les belles histoires

« Dans ce monde où nous vivons, m’écrit quelqu’un, il y aurait des trucs plus importants à faire que de passer trois heures à [s]’exciter devant des millionnaires sur patins et [se] taper des pubs débiles. […] Je sais bien que depuis l’Empire romain, la plèbe reste bien tranquille quand on lui fournit du pain et des jeux. Et je me sens […] comme un participant consentant à la grande mystification. »

Sur les réseaux sociaux, le plaisir qui plaide coupable est un thème à la mode depuis deux semaines. « Opium de la plèbe », a décrété une dame. Le brasse-camarade des deux premiers matchs de la série Canadien-Lightning, et la percutante mise en échec d’un défenseur marginal des « Bolts » sur Juraj Slafkovský, lors du quatrième affrontement, ont même réussi à ressusciter ce mort-vivant des débats, la sempiternelle polémique autour des bagarres et des coups salauds dans notre sport national. « Montées de testostérone violente », a écrit un ancien chroniqueur de musique sur Meta.

Et la progestérone, qui prépare l’utérus à la grossesse, c’est une hormone d’amour, alors ? On aura beau parler, comme un autre détracteur du hockey sur Facebook, d’« excitation animale », il y a des limites à accuser la biologie.

Parmi celles qui n’étaient pas rivées à leur écran de télé, plusieurs centaines de personnes ont déboursé 70 $ par tête de pipe pour assister aux tours de passe-passe d’un illusionniste dans une salle de spectacle de Sherbrooke. Parce que nous aimons être mystifiés. Comme lecteurs de romans policiers, comme consommateurs de suspense débité en épisodes sur une plateforme de diffusion en ligne, nous sommes, nous aussi, des........

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