Le Groenland sans fard |
Le Groenland m’intrigue. Il m’apparaît comme un mystère de glace. Quand j’essaie d’imaginer le mode de vie de ses habitants, je n’ai que des images d’Épinal en tête. Je vois les Inuits emmitouflés des contes scolaires de mon enfance chassant courageusement le phoque. Le vrai Groenland d’aujourd’hui, évidemment, ce n’est pas ça.
Colonisé en 1721 par le Danemark, le territoire devient une province de ce pays en 1953. En 1979, il acquiert une plus grande autonomie, encore renforcée en 2009. Bien des Groenlandais, qui sont principalement des Inuits, souhaitent l’indépendance totale de leur territoire. Pour le moment, toutefois, le gouvernement autonome dépend trop des subsides danois pour franchir le pas.
Le Groenland, de plus, doit affronter d’importants défis sociaux. Le taux de suicide y est alarmant. En 2021, il s’élevait à 81 pour 100 000 habitants. Au Québec, ce taux était de 12. Le taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse, à 69 pour 1000 femmes en âge de procréer — 13,9 au Québec en 2023 —, y bat aussi des records.
Dans « Le Groenland, un territoire convoité mais miné par la misère sociale », un reportage paru dans le journal suisse Le Temps le 9 mars 2025, la journaliste Anne-Françoise Hivert parle aussi du déclin et du vieillissement de la........