La fin
J’étais allée à Laval à vélo le matin même. En vélo communautaire électrique. J’avais pas pensé qu’il pleuvrait à mon retour. J’avais froid, tu sais comment est la fin septembre, cette période où on ne sait plus qui on est. Est-ce qu’il fait chaud ou pas ? Cette saison est une sorte de début de calvitie, quand la coupe de cheveux ne s’est pas encore entièrement résolue à sa future tête. Rien n’est encore adapté à la nouvelle réalité. Alors on enfourche son vélo avec un simple pull, oubliant que notre corps mortel aurait besoin d’une armure.
Il est bien mortel, notre corps. Le reste, on ne sait pas trop. J’avais justement terminé ma journée en allant à une cérémonie funéraire. Une des plus élégantes que j’ai vues. Déjà, elle se tenait dans le ciel. Dans une salle vitrée tout en haut d’un immeuble du Vieux-Montréal. À côté du fleuve, là où il fait bon célébrer sa vie.
J’y étais allée en métro, et être endimanchée dans le métro est une de mes choses préférées. Comme disait l’ancien maire de Bogotá : « Un pays développé n’est pas un endroit où les pauvres ont des voitures, mais un endroit où les riches utilisent les transports en commun. » Et on se sent riche dans son costume du dimanche. Ma mère abitibienne, qui a grandi dans une famille nombreuse, me racontait justement comme elle aurait rêvé de s’habiller tous les jours en dimanche. Elle qui était sandwichée au milieu d’une lignée de 10 enfants. Ma grand-mère cousait leurs habits et, bien sûr, par........
