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L’union libre

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19.09.2026

Cher journal, il y a le plus haut de mes tournesols qui s’est fait décapiter. C’est le vent qui leur a coupé la tête. J’ai fait un bouquet avec ceux qui restaient. Pour pas qu’ils subissent le même sort. De toute façon, c’est pour ça que je les avais plantés. Fleurir mes vases comme Van Gogh. Ils poussaient dans une grosse bassine en aluminium sur mon balcon de chambre. Rien de bien noble, je pense que j’avais pris leurs graines au magasin à une piasse. Qui ne coûte plus jamais une piasse, d’ailleurs.

Ils avaient les pieds bien enracinés dans un gros récipient jadis utilisé pour la cuisson des rillettes de porc en Anjou. Je le sais, c’est ma mère qui l’avait trouvé dans la grange de notre maison de campagne en France. Une vieille, vieille, vieille maison avec un escalier en chêne noir qui craquait jusqu’au XVe siècle quand on posait le pied sur une marche. Il faut t’imaginer la frousse qu’on avait, enfants, quand il fallait se promener dans cette grande chaumière de nuit.

Tout ce lierre épais qui recouvrait sa pierre et qui, le soir venu, tapait contre nos carreaux comme des milliers de doigts crochus. Notre hantise, c’était de devoir nous relever du lit. À nous en faire regretter l’époque des pots de chambre ! Pour la peur, mais aussi le froid ! Parole de Québécoise, je n’ai jamais eu aussi froid qu’en France. Eux, leur hiver, ils s’en foutent. De toute façon, il attaque à peine tout leur territoire. Ils le vivent comme un rhume : « Bah, ça va........

© Le Devoir