La majorité claire
Le premier ministre Mark Carney vient de relancer le débat sur l’ampleur de la majorité nécessaire dans un futur référendum sur la souveraineté pour que le fédéral accepte d’entamer des négociations sur la sécession du Québec de la fédération canadienne. Malgré lui, faut-il le dire, parce que s’il y a une question qui risque de mettre fin à la lune de miel entre M. Carney et le Québec, c’est bien celle du droit des Québécois de décider eux-mêmes de leur avenir politique.
Hélas ! Les connaissances de M. Carney en matière de politique québécoise lui font occasionnellement défaut. Il semble ignorer à quel point la classe politique québécoise est unanime (ou presque) à appuyer la loi 99 signée à Québec en 2000, qui fixe le seuil de « l’option gagnante » d’un futur référendum à 50 % des votes plus un.
Or, en répondant cette semaine à une question de la députée bloquiste Christine Normandin à la Chambre des communes, M. Carney s’est réfugié derrière la loi sur la clarté référendaire, adoptée en 2000 par le gouvernement de Jean Chrétien, et selon laquelle il relève des Communes « d’établir la définition d’un vote clair » en pour la souveraineté. M. Carney a ensuite ajouté : « Ce n’est pas 50 % plus un. »
Il s’agit d’une curieuse déclaration, du moins d’un point de vue politique, considérant qu’aucun référendum sur la souveraineté n’est actuellement à l’ordre du jour au Québec et que le premier ministre........
