Jeu d’équilibre

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, reproche à son homologue fédéral, Mark Carney, de « récompenser le mauvais comportement » en s’agenouillant devant l’Alberta et ses demandes incessantes pour faciliter la construction d’un nouveau pipeline vers la côte du Pacifique. Le Canada, dit-il, ne peut pas fonctionner si les premiers ministres « séparatistes » attirent toute l’attention d’Ottawa alors que des provinces comme la sienne souhaitent aussi faire avancer leurs grands projets sans pour autant abandonner leurs ambitions en matière de réduction des gaz à effet de serre.

De passage cette semaine à Vancouver, M. Carney, qui n’est pourtant pas du genre à s’emporter facilement, s’est montré quelque peu irrité par les propos de M. Eby. « Nous ne voulons pas entendre ce à quoi les gens s’opposent, nous voulons entendre ce qu’ils soutiennent, a-t-il affirmé devant les gens d’affaires de la métropole britanno-colombienne. Si les choses bloquent [en Colombie-Britannique], nous passerons plus de temps ailleurs au pays, parce que nous devons aller de l’avant. »

Le projet de pipeline que revendique la première ministre albertaine était déjà la priorité du gouvernement de M. Carney avant l’annonce par Danielle Smith de la tenue d’un référendum sur la place de sa province au sein du Canada. M. Eby risque plus que jamais de voir ses préoccupations ignorées maintenant que la campagne est lancée en vue d’un référendum le 19 octobre prochain, par lequel les Albertains devront choisir entre le statu quo et… la tenue d’un autre référendum, celui-là sur........

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