De la carotte au bâton

Le premier ministre fédéral, Mark Carney, nie que ses efforts pour ouvrir la voie à la construction d’un nouveau pipeline vers la côte Pacifique visent à couper l’herbe sous le pied aux militants séparatistes albertains qui exigent la tenue d’un référendum dès cette année.

« En un mot, non », a-t-il affirmé à la veille de son annonce, vendredi, d’une entente avec la première ministre albertaine, Danielle Smith, sur la tarification du carbone industriel. « Ce sera une occasion pour le Canada d’être un fournisseur fiable pour nos partenaires internationaux de manière à rendre le Canada plus prospère et indépendant. »

Prétendre que l’engouement d’Ottawa pour un nouveau pipeline n’a rien à voir avec la montée du mouvement souverainiste en Alberta permet au moins à M. Carney d’éviter de se retrouver dans la fâcheuse position d’avoir à défendre le fédéralisme si ce projet devait tomber à l’eau. Car, malgré tous ses efforts pour accommoder Mme Smith, M. Carney ne peut pas à lui seul garantir qu’un nouveau pipeline ira de l’avant. S’il abandonne ou allège presque toutes les mesures environnementales de son prédécesseur dans le but de calmer la grogne albertaine, les compagnies pétrolières canadiennes, elles, hésitent toujours à se laisser embarquer dans un projet qui risque de leur coûter des milliards de dollars sans jamais voir le jour en raison de l’opposition des groupes autochtones et........

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