Et si le Québec acceptait de débattre sérieusement du nucléaire? |
Au Québec, le nucléaire demeure un sujet à part. On accepte de débattre de barrages, d’éolien, de solaire, de sobriété énergétique, de grands projets industriels et même d’importation d’électricité. Mais dès qu’il est question de nucléaire, le débat se referme presque aussitôt. Comme si la conclusion allait de soi. Comme si la question avait déjà été tranchée une fois pour toutes.
Le Québec a longtemps pu se penser à l’abri des grands arbitrages énergétiques. Notre parc hydroélectrique nous a donné un avantage rare : une électricité abondante, relativement stable et largement décarbonée. Cet acquis demeure considérable. Mais si le Québec veut non seulement préserver cet avantage, mais aussi affirmer une ambition plus large en matière d’électrification décarbonée en Amérique du Nord, il nous semble dommageable d’écarter d’emblée l’option nucléaire. Hydro-Québec prévoit devoir fournir 60 térawattheures (TWh) supplémentaires d’ici 2035. La demande en électricité pourrait presque doubler d’ici 2050.
L’électrification des transports, du chauffage et de l’économie, la réindustrialisation, de même que l’intelligence artificielle (très énergivore, et nécessitant à moyen terme des centres de données locaux pour garantir notre sécurité nationale), exerceront une pression réelle sur le réseau actuel. La question n’est donc pas de savoir si le modèle québécois a été performant. Il s’agit de savoir s’il suffira encore, seul, à répondre à ce qui vient.
Dans ce contexte, continuer d’exclure le nucléaire du débat public relève moins de........