Se défendre seul? Le récit trompeur de la politique de défense du Canada

Le gouvernement fédéral vient d’annoncer plus de 35 milliards de dollars d’investissements pour défendre l’Arctique canadien. Le premier ministre Mark Carney affirme que « le Canada passe de la dépendance à la résilience » et qu’il « ne dépendra plus d’aucun autre pays » pour assurer la sécurité de l’Arctique.

À première vue, le message est puissant : le Canada reprendrait enfin en main la défense de son territoire nordique. Mais pour peu que l’on s’attarde aux détails, la réalité est tout autre. Cette annonce ne constitue pas un virage vers une défense indépendante du Canada. Elle s’inscrit plutôt dans la continuité de la défense de l’Amérique du Nord aux côtés des États-Unis.

Le chiffre de 35 milliards de dollars a attiré l’attention. Pourtant, il ne s’agit pas d’un nouvel investissement. La grande majorité de ces fonds provient du plan de modernisation du NORAD annoncé en 2022, dont la valeur totale atteint environ 40 milliards de dollars sur vingt ans.

Ce plan vise essentiellement à adapter la défense continentale aux nouvelles menaces : missiles de croisière, armes hypersoniques, drones et capacités avancées développées par la Russie et la Chine. La modernisation comprend notamment de nouveaux systèmes de radars transhorizon pour surveiller les approches nordiques, des investissements dans les communications, satellites et technologies de commandement et de contrôle, l’acquisition de missiles air-air avancés et la modernisation des infrastructures militaires dans le Nord.

Ces projets sont planifiés depuis plusieurs années et figurent déjà dans les documents gouvernementaux. Autrement dit, l’annonce récente........

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