menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Chronique | Ainsi l’été s’en fut

28 0
28.08.2026

La morale de l’histoire

Vendredi soir dernier, traversant le parc La Fontaine après un spectacle gratis d’Alex Bürger — et ses invités — au théâtre de Verdure, je souriais en voyant les hamacs accrochés, les rassemblements amicaux qui n’ont jamais diminué depuis la pandémie, les barbecues, les bières et le terrain de pétanque très achalandé sous les projecteurs.

J’ai jasé un peu avec le conteur François Lavallée et sa blonde de toujours, un vrai beau couple qui rentrait de vacances, le sourire aux lèvres. Ça devait faire 20 ans qu’on ne s’était pas croisés.

J’ai toujours aimé les conteurs parce qu’ils savent réenchanter le monde, le temps d’un clin d’œil. Ce sont des vlimeux qui arrivent à vous faire oublier le cochonnet et le ressortent de leur manche à la fin de l’histoire. François gagne sa vie comme conteur depuis 30 ans, un exploit.

À ma façon, je me suis souvent définie comme une conteuse. Tout est dans le « storytelling », comme on dit aux zétats. Et c’est bien là que l’avenir du monde se joue, dans le récit collectif que nous choisirons. Quant à la morale de l’histoire, elle ne devrait pas nous surprendre…

Alors, Yves, tu tires ou tu pointes ?

Tiens, la pétanque est redevenue hot, pas juste pour l’âge d’or. J’ai ressorti le super livre de Catherine Pépin Leurs drôles de vies, une histoire décalée de la chanson française. En couverture, tu y vois Édith Piaf (le bras en écharpe) et Aznavour jouer de la pétanque, en 1951. Ça m’a fait penser à Yves Montand, qui jouait à la pétanque sur la place de Saint-Paul-de-Vence, au début des années 1980. J’étais devant un film de Pagnol. Aucun écran, tout juste un verre de rosé.

Cet été, j’ai perdu l’insouciance des étés d’antan, perdu la boule et le cochonnet. La France crame, l’Europe aussi ; je me doute que l’heure du conte se terminera sur un show de boucane politique. Je me suis demandé : à quoi bon continuer à raconter ? Et surtout, comment ?

En repartant du parc La Fontaine, la chanson Nous de Stéphane Archambault a surgi dans ma liste musicale. Je l’écoute toujours avec émotion. Le chanteur pose aussi beaucoup de questions :

« Qui a versé une larme ?

Qui a pensé à ses enfants ?

Qui sait déjà le drame

Qui les attend dans le tournant ?

Qui, en entendant l’oracle

S’est réfugié dans le déni ? »

Message de huard, le vrai

Cet été, j’ai pris une pause de « nous » durant quelques semaines au bord d’un lac des Laurentides. Il est bon de se rappeler ce que nous avons à perdre, notre berceau, notre refuge, le........

© Le Devoir