La rhétorique tordue de Carney

À la suite de l’attaque criminelle contre l’Iran, je me suis réconforté en imaginant la condamnation universelle de l’Amérique et d’Israël par une « communauté internationale » toujours saine d’esprit, dont le Canada, en particulier. Comme beaucoup d’Américains, je m’étais découvert partisan du premier ministre Mark Carney, séduit par sa position antithétique à celle de notre président voyou.

Normalement, je ne cherche pas l’inspiration chez les Canadiens anglos, et surtout pas de la part d’un ancien banquier central affichant des prédilections économiques de centre droite. Cependant, j’avoue que j’avais été séduit par son désormais célèbre discours à Davos et par sa défense d’un nouveau modèle pour les « puissances moyennes » en réponse au néo-impérialisme trumpien. Qu’il défende l’« intégrité territoriale » et l’« interdiction du recours à la force, sauf dans les cas prévus par la Charte des Nations unies », me semblait héroïque face au monstre de Mar-a-Lago.

Mais voilà que le gouvernement canadien me surprenait en affirmant immédiatement son soutien à une agression tout à fait illégale en vertu du droit international, cela dans un langage anodin, pour ne pas dire creux et vide de logique. Déjà, il est discutable de déclarer que « la République islamique d’Iran est la principale source d’instabilité et de terreur au Moyen-Orient ». Demandez aux Gazaouis survivants ou aux millions de déplacés du Liban si « l’État juif et démocratique d’Israël » ne lui fait pas concurrence pour les lauriers de la course à........

© Le Devoir