Les enchaînés

Paolo m’a appelé pour me parler de vélos. De chaînes de vélos.

Paolo, c’est le fils de Giuseppe. Moins flamboyant que son père octogénaire, mais lui aussi bien solide en affaires. Les vélos Marinoni, désormais, c’est lui. Depuis 1974, la famille Marinoni fabrique des vélos à la main.

Si Paolo m’a appelé, c’est qu’il était furieux.

« C’est la première fois que je vois ça ! Ma commande de chaînes de vélo est arrivée. J’ai dû payer une surtaxe de 25 % ! »

Il m’a donné le montant de la facture. Pas une petite facture. Lui qui a pourtant l’habitude de pédaler, on dirait qu’il s’est fait rouler.

En vérité, avec la guerre commerciale relancée à Washington, les vélos en ont plus lourd à porter.

Au journal, j’ai demandé à un collègue de l’économie de m’éclairer : comment le vélo, un des moyens de déplacement les plus légers, peut-il se retrouver taxé aussi lourdement ? La réponse se résume à ceci : peu importe désormais d’où nous viennent les pièces de vélos, il faudra les payer plus cher.

Les États-Unis imposaient déjà des droits sur toute une série de pièces de vélo. Le retour de Trump n’a fait qu’aggraver la situation, en provoquant des contre-mesures de toutes parts. Depuis décembre, le Canada impose des droits sur certains produits d’acier importés d’Europe ou d’ailleurs. L’objectif est d’éviter que des produits chinois, détournés via des pays tiers pour contourner les tarifs américains, viennent faire du dumping sur le marché canadien. Au bout de la chaîne, le petit monde du vélo en fait les frais.

« Il va........

© Le Devoir