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Comme une bombe

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09.02.2026

« L’époque est au nationalisme », a dit Stephen Harper. « Un nouveau nationalisme », a-t-il ajouté. « Rien ne justifie que ce pays y échappe », a-t-il enchaîné la semaine dernière, aux côtés de Jean Chrétien.

Présentés sur scène au son du God Save the King et de l’Ô Canada, les deux anciens premiers ministres ont échangé anecdotes et souvenirs sur un ton léger, au point que l’animatrice, l’ex-journaliste Rosemary Thompson, les a qualifiés d’« amis ».

Pendant qu’on célébrait ainsi l’unité canadienne, à quelques rues de là, d’autres esquissaient la version militarisée de ce nouveau nationalisme. Un ancien chef d’état-major de la Défense, le général Wayne Eyre, affirmait, à l’occasion d’une conférence prononcée dans un club privé, que le Canada devrait envisager de se doter d’ogives nucléaires.

Sans l’arme nucléaire, plaide cet ancien chef d’état-major, nous sommes trop « dépendants des autres ». Comme si la dépendance relevait d’abord de la dissuasion militaire, et non de l’économie, des chaînes d’approvisionnement, de la finance et des infrastructures numériques qui nous broient dans leurs serres.

Cette résurgence du discours militaire sur le nucléaire, en plein regain de ferveur nationaliste à Ottawa, agit comme un écran de fumée supplémentaire. Derrière cet écran de fumée, le véritable régime de dépendance continue de plus belle.

Entre 1963 et 1984, le pays des érables a hébergé des ogives nucléaires américaines. Elles étaient, en théorie, sous un contrôle partagé. En pratique, ce dépôt........

© Le Devoir