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Leur homme à Washington

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02.05.2026

Ça se passait au siècle dernier. Jeune journaliste pour L’Actualité, j’avais été invité, avec un petit groupe de chroniqueurs, à une rencontre avec le ministre québécois des Affaires internationales de l’époque, le libéral John Ciaccia, qui présentait son énoncé de politique « Le monde pour horizon ».

Le document, très étoffé, était résolument tourné vers la promotion de nos entreprises et de nos produits à l’étranger. M’avisant que le document envisageait d’étendre le réseau de bureaux et de délégations « notamment en Espagne, en Europe de l’Est et en Amérique latine » et sachant me trouver devant un fier fédéraliste, ci-devant ex-sous-ministre de Jean Chrétien, j’osai lui demander pourquoi le contribuable québécois devait payer deux fois pour la promotion de nos entreprises dans le monde, une fois pour les diplomates canadiens, une autre pour les diplomates québécois.

Il m’a regardé comme si j’étais un peu demeuré (j’avais l’air vraiment jeune, il faut le dire) et me lança : « Tout le monde sait que les ambassades travaillent pour l’Ontario ! » Tout le monde ? Pas moi, jusqu’à ce moment.

Le temps a passé et, dans diverses fonctions, j’ai été en contact avec des diplomates canadiens à Ottawa, aux États-Unis, en Europe et en Asie. Je peux attester d’une chose : ils sont compétents. D’une autre : les plus fervents anti-québécois sont issus du Québec. J’ai ainsi vu l’ambassadeur canadien à Paris contredire ouvertement, devant nos hôtes français, un premier ministre du Québec. J’ai vu des diplomates canadiens (des deux langues) interdire à des gouvernements étrangers de nous recevoir. J’en ai........

© Le Devoir