Les frères invisibles
Lorsqu’on est chef de l’opposition, il est possible de demander des séances d’information sur divers sujets. Élu à ce poste en 2016, je me suis prévalu quelquefois de cette prérogative, mais je me souviens d’une demande en particulier. Je voulais qu’on me fasse un portrait de ce que savaient nos forces policières de la présence au Québec des Frères musulmans ou d’autres organisations musulmanes extrémistes. J’attends toujours un accusé de réception. Je n’ai pas l’impression que je vais l’avoir.
La question m’intéressait car, à l’époque, La Presse et Le Journal de Montréal avaient publié des articles inquiétants, ce dernier affirmant que « des dirigeants importants des Frères musulmans ont vécu au Canada pendant des décennies ». « Ils ont mené des organisations qui sont en faveur de la charia et font parvenir de l’argent et des ressources à des groupes qui, selon la GRC et l’Agence du revenu du Canada, appartiennent ou sont contrôlés par le Hamas », pouvait-on lire. Le Hamas, il est utile de le souligner, est issu de la branche palestinienne des Frères musulmans.
L’attention de la GRC se concentrait sur l’Association musulmane du Canada (AMC), propriétaire de locaux abritant alors sept lieux de culte et quatre écoles privées musulmanes à Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivières. Selon des documents judiciaires alors produits par la GRC, l’AMC avait versé près de 300 000 $ à un organisme, International Relief Fund for the Afflicted and Needy (IRFAN) Canada, déclaré groupe terroriste par le Canada en 2014. Encore, en........
