Le bulletin du commissaire à la langue: «Doit mieux faire!»

Lorsqu’il apparaît dans la salle des conférences de presse de l’Assemblée nationale, l’homme paraît mesuré, nuancé, aimable. Mais lorsqu’on lit sa prose, on est en droit de se demander s’il ne devrait pas, pour faire passer son message, lever le ton et taper du poing sur la table.

Il y a trois ans déjà que Benoît Dubreuil affine son diagnostic sur l’état et l’évolution du français, multiplie les recommandations. Dans son rapport annuel déposé cette semaine, il fait le bilan de l’application — ou non — des mesures qu’il préconise.

« La Charte de la langue française a entraîné des progrès marquants, écrit-il. Cependant, elle ne suffira pas, à elle seule, à freiner le recul de l’usage du français que nous observons aujourd’hui. »

Encore une fois, il tape sur l’inefficacité des mesures de francisation offertes aux temporaires (travailleurs et étudiants). « Le maintien du système actuel continuera de permettre l’arrivée au Québec de personnes peu susceptibles d’apprendre et d’adopter le français dans un délai raisonnable. » Le Québec doit être plus exigeant sur la connaissance de la langue au point d’entrée, comme il a commencé à le faire pour les immigrants économiques. Le commissaire estime que pour les temporaires, et à l’exception du volet « Agricole », il faut exiger une connaissance de niveau 3 à l’oral (qui permet de commander un café), puis une connaissance du français de niveau 5, toujours à l’oral (qui permet de travailler dans un café), au moment du renouvellement du permis de travail. Il y a 12 niveaux. Il faut le niveau 6 pour passer une soirée entre amis en français sans avoir un mal de........

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