La langue édulcorée en temps de guerre |
Trump et Poutine insistent pour décrire leurs attaques contre l’Iran et l’Ukraine comme des « opérations » ou, encore pire, des « excursions » pour mettre fin à une guerre déjà amorcée par l’ennemi.
Tuer des femmes et des enfants innocents avec des missiles lors de tirs « ciblés » n’est pas qualifié de féminicide, d’infanticide ou de crime de guerre mais de regrettable et inévitable contingence créant des victimes « collatérales ».
Les combattants décédés d’un pays sont des martyrs ou des patriotes morts au combat, alors que les ennemis tués sont des « terroristes » heureusement éliminés.
Les civils qui se retrouvent sans logis et complètement démunis en temps de guerre sont simplement des personnes qui ont dû se « déplacer ». Quand des populations meurent de faim, on ne parle pas de famine, mais de précarité alimentaire temporaire.
Malheureusement, édulcorer les propos n’adoucit pas la souffrance et l’horreur, et n’excuse pas les crimes de guerre.