Tous étrangers quelque part

En 2024, j’ai entamé une migration vers le village de Ham-Nord. L’idée de quitter Montréal pour ce petit ailleurs est née d’un besoin viscéral d’air frais, d’espace et de silences. Un besoin d’avoir la « sainte paix » — pour le dire poliment.

J’avais aussi envie de nouer des liens plus humains, moins pressés, avec les gens qui m’entourent. De m’insérer dans un réseau communautaire d’entraide et de solidarité. Et c’est ce que je fais, depuis deux ans. Mais cela n’est pas sans heurts.

À la veille de la Fête des voisins, j’ai encore un souvenir vif du malaise qui m’avait envahie, en juin 2024, lorsque ma fille et moi étions arrivées main dans la main sur le parvis de l’église. J’avais alors pris conscience de la petite taille de ce village. Tout le monde semblait se connaître. Les groupes étaient déjà formés et nous gravitions à leur périphérie. Nous étions ces autres.

Pour autant, ce n’était pas la première fois que j’étais une étrangère. J’ai été une enfant francophone catapultée chez les Ontariens, puis une anglophone de retour dans sa ville........

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