Une position qui nous ressemble et nous rassemble

Heureusement, la Cour suprême du Canada a tranché dans le dossier de l’accès aux services de garde pour les enfants et leurs parents en situation de demande d’asile. La Cour suprême sauve l’honneur, à notre grande joie et à celles des familles qu’on accueille mais qu’on laisse tomber aussitôt dans ce qu’elles ont de plus précieux, leurs enfants et leur espoir d’une vie meilleure. Dans le jugement, on sent le parti pris foncièrement humain au-delà des bureaucraties et des statuts politiques, et ça, c’est rassurant, et c’est une belle leçon d’équité, de justice et d’ouverture en faveur des enfants et des mamans. Cette position nous ressemble et nous rassemble. Il ne doit pas y avoir de barrières pour ce qui est de l’accès à un service de soutien adéquat aux enfants sur notre territoire.

Le bien-être des enfants et le respect de leurs droits font donc un pas en avant, malgré l’obstination incompréhensible des principaux leaders politiques du Québec, qui annoncent leurs couleurs de petit peuple tourné vers soi-même et faisant fi de ce rappel à l’ordre du plus grand tribunal du pays. Je rappelle que ces nouveaux venus au Québec sont un gage de renforcement de notre culture et de nos valeurs, pas l’inverse.

Quelle est la définition d’une famille québécoise de nos jours ? C’est quoi l’idée de donner la priorité aux Québécois (certains Québécois, lesquels ?). Est-ce que ce jugement est vraiment une gifle au visage ? Est-ce que l’indépendance du Québec serait une solution pour échapper à la Cour suprême ? Est-ce que la ministre de la Famille va réfléchir longtemps avant de se mouiller pour la cause de tous les enfants ? Permettez-moi d’être déçu de la position des politiciens d’aujourd’hui dans ce dossier.

Je rencontre en clinique de nombreuses personnes dans ce genre de situation. Je suis impressionné par leur résilience et leur désir de contribuer à l’évolution du Québec, malgré leur parcours difficile. On voit vite leurs forces extraordinaires et leurs capacités réelles. On a besoin de ces Québécois d’adoption, de grâce, accueillons avec joie cette décision tant attendue.


© Le Devoir