Nourrir le Québec sous dépendance aux engrais

Le prix des engrais azotés n’a cessé de fluctuer fortement depuis la crise de la COVID-19, allant jusqu’à plus que doubler en 2022. La guerre en Ukraine est ensuite venue accentuer cette instabilité, en perturbant à la fois les exportations d’engrais et les marchés du gaz naturel, matière première essentielle à leur production. Aujourd’hui, les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz (un point de passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie), ravivent ces incertitudes et rappellent la vulnérabilité de nos approvisionnements. Dans un système agricole fortement dépendant de ces intrants, cette volatilité se traduit directement par une pression accrue sur les producteurs et une incertitude croissante quant aux coûts de production.

Les engrais azotés, développés au début du XXe siècle avec le procédé Haber-Bosch, ont profondément transformé l’agriculture. Ils permettent aujourd’hui de nourrir près de la moitié de la population mondiale, soit environ quatre milliards de personnes. Au Québec comme ailleurs, ils constituent un levier essentiel de production dont les agriculteurs peuvent difficilement se passer. Pourtant, à l’échelle mondiale, on estime qu’entre 30 % et 50 % de l’azote appliqué n’est pas utilisé par les cultures. Cette inefficacité s’explique en partie par........

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