Le bonheur des Québécois |
Le World Happiness Center, créé à l’initiative de l’Organisation des Nations unies (ONU), effectue annuellement des sondages internationaux sur le bonheur des peuples. Ces sondages, qui placent régulièrement le Québec parmi les peuples les plus heureux du monde, me laissaient autrefois perplexe. Mais le sérieux de la méthode et les témoignages d’experts crédibles ont vaincu mon scepticisme. S’agissant du Québec, ces résultats se heurtent à des paradoxes, mais ils se dissolvent lorsqu’on met les choses en perspective.
Les conditions du bonheur collectif
Selon des sondages complémentaires de la firme Léger et des travaux effectués par des chercheurs québécois (de McGill, de l’UQAM, de l’Université Laval), on doit porter attention aux fondements socioculturels de notre société, à savoir :
L’identité. C’est un ensemble disparate constitué de valeurs, de références mémorielles, de traditions langagières, de perceptions de soi et de l’Autre, de croyances, d’émotions, le tout s’exprimant dans une langue et un corpus de symboles les plus divers. Vues à distance, on comprend que les contenus de ces composantes ne sont pas toujours propres au Québec — par exemple, le français, la démocratie ou le rapport au territoire. Ce qui leur donne un caractère distinctif, c’est l’intensité de l’adhésion dont ils sont l’objet et les modalités, les contextes de leur intériorisation.
Un sentiment d’appartenance. Il est créé par l’identité et engendre un lien social, une solidarité.
Un sentiment de sécurité. Cette composante découle des deux précédentes. Dans une société normale, le citoyen ne vit pas dans un vide. Il se sent intégré à un ensemble qui le situe psychologiquement, culturellement, socialement, qui lui........