L’enfant à la fenêtre |
Il pourrait s’agir d’un tableau impressionniste, d’un poème naïf ou d’une thèse ésotérique. Ce n’est pas le cas. C’est le titre que m’a inspiré un article paru cette semaine à la une d’un quotidien. On y voit un petit garçon iranien debout à la fenêtre d’un immeuble de logements dans un quartier frappé par un bombardement auquel il a survécu. L’enfant est seul. On ne voit pas de trace de ses parents, de sa famille. Il n’y a pas de vie dans la pièce. Cette image, qui aurait pu être banale dans un autre contexte, m’a bouleversé.
L’enfant est là qui observe. Et ce qu’il voit semble au-delà de ce qu’il peut capter, au-delà de toute compréhension. Contrairement à la célèbre Petite fille au napalm qui hurlait de souffrance et d’horreur en s’enfuyant, le visage du petit garçon, immobile, n’exprime rien. Il semble fixé sur un horizon qui n’est nulle part. Son regard ne traduit ni effroi ni désespoir : c’est un regard vide. Et c’est encore plus troublant. Il est pénible de songer que notre époque produit des milliers et peut-être des........