Hommage à l’historien Marcel Trudel (1917-2011) |
Je lisais récemment un ouvrage sur l’évolution de la science historique au Québec depuis les années 1960. J’ai réalisé qu’il y avait seulement quelques lignes consacrées à Marcel Trudel, qui fut pourtant l’un des plus importants de nos historiens.
Ce texte veut rappeler trop brièvement ce que fut Marcel Trudel et ce que nous lui devons. Disons que je souscris, comme le veut l’expression, à un devoir de mémoire à l’intention de ceux et celles qui ne l’auraient pas connu ou qui l’auraient oublié.
Orphelin à 5 ans, il est né en 1917 d’une famille paysanne dans un petit village de la Mauricie (Saint-Narcisse). Diplômé du Séminaire de Trois-Rivières, il s’est inscrit en 1941 à l’Université Laval, où il est devenu professeur en 1947. Il a donc vécu, lui, un athée, les dernières années du règne clérical dans le monde de l’enseignement. Mais il les a vécues péniblement. C’était un esprit fier, épris de liberté, un peu provocateur. Le milieu ne pouvait lui convenir. Pour cette raison (et d’autres), il quitta l’Université Laval pour aller enseigner à l’Université d’Ottawa, où il trouva les conditions de travail qu’il recherchait.
Auteur de plus de 40 ouvrages (son dernier a paru après son décès à l’âge de 93 ans), il fut l’un des pionniers (sinon le pionnier ?) de la science historique moderne au Québec. Il pratiqua cette profession avec une rigueur exceptionnelle et s’appliqua à honorer la fonction critique de l’histoire. Il s’employa très tôt à égratigner l’image d’Épinal de la Nouvelle-France que les livres d’histoire nationale (produits par les clercs) ont colportée jusqu’au début des années 1960.........