Révolution verte, exception nord-américaine

Washington qualifie toujours le réchauffement climatique de canular alors que, plus au nord, le Canada capitule face au fossile au nom de projets « d’intérêt national ». Il n’empêche, les investissements dans l’économie dite verte battent tous les records, alors que la demande pour le pétrole s’affiche en déclin.

Dans un rapport publié dans le cadre de la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial, qui s’est tenue du 19 au 23 janvier à Davos, en Suisse, on souligne que les entreprises de tous les secteurs profitent déjà de la forte croissance de l’économie verte — le secteur à la croissance la plus rapide de la dernière décennie, derrière celui des technologies —, atteignant les 5000 milliards de dollars américains par an. Cette taille devrait dépasser les 7000 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie, ajoute l’étude réalisée en collaboration avec la firme Boston Consulting Group, qui évoque l’atteinte de niveaux records en matière d’investissements technologiques. Dans son rapport annuel 2025, l’Agence internationale de l’énergie prévoit pour sa part qu’à l’échelle planétaire, la capacité mondiale d’énergies renouvelables sera, à la fin de 2030, 2,2 fois supérieure au niveau de 2022. Et il est attendu qu’elle augmentera davantage entre 2025 et 2030 qu’au cours des cinq années précédentes.

Qui plus est, « les entreprises réalisant des revenus verts affichent souvent de meilleures performances sur de nombreux indicateurs financiers ». Ces revenus progressent deux fois plus vite, en moyenne, que ceux des activités traditionnelles, tandis que le coût du capital est généralement plus faible pour ces entreprises. « Celles qui tirent plus de 50 % de leurs revenus des marchés verts bénéficient souvent d’une surévaluation de 12 à 15 % sur les marchés financiers, témoignant de la confiance des investisseurs dans leur résilience et leur rentabilité à long terme », ajoute l’étude, qui attribue cette tendance à la baisse en accéléré des coûts........

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