Prendre sa neige égale

Comme ça, nous en sommes déjà au quatrième chargement de neige ! Les trottoirs glacés ont causé de nombreuses chutes. Les chaussées glissantes ont semé le chaos dans la ville. Diantre, quel cataclysme ! Vous trouvez que j’exagère ? Vous avez parfaitement raison. On fait encore tout un drame de nos bordées de neige, même s’il n’y a rien d’exceptionnel dans celles que nous avons vécues depuis le début de cet hiver.

J’ai beaucoup de compassion pour les élus et ceux qui doivent gérer les opérations de déneigement et de chargement de la neige. On a parfois l’impression que certaines personnes cultivent une telle détestation de l’hiver qu’elles voudraient voir la neige disparaître aussitôt qu’elle touche le sol. Malheureusement pour elles, en janvier, on ne peut pas faire comme si on était au mois de juillet. Surtout pas avec des journées à moins dix degrés ni avec des épisodes de gel et de dégel dans la même journée.

Critiquer le déneigement à Montréal, c’est presque un sport national. Y compris dans les médias. J’ai passé plus d’une heure à naviguer dans les archives québécoises, et cela m’est apparu comme une évidence stupéfiante. Je n’ai consulté que les articles de trois médias écrits entre 1990 et 2019 et, chaque fois, on pouvait reconnaître le même refrain. Mauvaise planification, mauvaise gestion, mauvaise préparation, c’était mieux avant, etc. À en croire ces textes, Montréal n’aurait jamais été........

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