Déficit de civisme

Alors, comme ça, Montréal est sale. Très sale. Archi sale. Ce n’est pas d’hier que la ville se découvre dans ses plus laids habits une fois la neige disparue. Rien de nouveau sous le soleil. Est-ce que cette année est pire que les autres ? J’en doute. L’hécatombe de nids-de-poule joue sans doute sur les perceptions.

En matière de propreté, comme de déneigement ou d’état des routes, les attentes sont souvent très élevées. Non pas qu’on ne puisse rien améliorer, mais parce qu’une part importante des résultats échappe au contrôle direct des villes. Le retard accumulé en matière d’entretien des infrastructures est tel que le rattrapage lui-même devient un défi colossal, difficile à combler à court terme. À cela s’ajoutent les aléas climatiques… et surtout, les comportements individuels. Car il faut bien le dire, la Ville, elle, ne jette pas ses déchets par terre.

On peut bien dénoncer l’état des rues, des parcs ou des ruelles, mais, à un moment donné, il faut bien admettre que quelqu’un a laissé traîner ces déchets-là à dessein. S’ils volent au gré du vent, c’est qu’ils n’ont pas été déposés au bon endroit : une poubelle, un bac de récupération ou de compost — ce n’est pas sorcier. Il suffit pourtant de marcher quelques minutes pour constater à quel point le geste simple de jeter ses déchets dans un lieu adéquat n’est pas toujours posé.

À cela s’ajoutent les dépôts sauvages, souvent........

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