Trump contre les modernes de Téhéran

Il est commun d’entendre que le régime des mollahs iraniens — qui est de moins en moins une théocratie et de plus en plus une dictature militaire — représente un adversaire, ou un ennemi, avec lequel tout compromis est impossible, ou qui ne peut changer.

Cette critique est semblable à celle appliquée au communisme soviétique dans les années 1950, 1960 et au-delà, avec lequel, pourtant, des accords historiques (notamment, sur la limitation des armements) furent conclus dans les années 1970 et 1980.

Autre perception erronée de l’Iran, ou du moins réalité très méconnue : les spécialistes s’accordent à dire qu’une société moderne, éduquée et largement sécularisée existe sous la surface théocratique.

Il y a un contraste saisissant entre la vie publique imposée par le régime et la réalité de la vie privée des Iraniens. Ce contraste existe tout autant chez les élites que dans la classe moyenne, ou même populaire. Quelques épisodes de la série française d’espionnage Le bureau des légendes (2015-2020), réputée réaliste, se passent en Iran. Derrière les murs de la résidence de tel pieux officiel du régime, barbu et enturbanné, se déroulent des garden-parties, avec piscine et bikinis, qui font plus penser à Beverly Hills qu’à Téhéran.

Selon une étude d’envergure, menée en 2020 par des spécialistes de l’Iran basés aux Pays-Bas (groupe GAMAAN), un tiers........

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