Le mirage du pétrole

L’intervention américaine au Venezuela, et la prétendue mainmise de Washington sur le pouvoir à Caracas — alors même que le chavisme sans Nicolás Maduro reste en place —, est fondée sur des illusions. Des mirages et des fantasmes en bonne partie liés à la fascination enivrante pour l’or noir.

Le pétrole dans cette affaire est la drogue qui alimente les illusions de grandeur des États-Unis, à l’heure de leur déclin géopolitique et économique.

Le mirage est triple.

D’abord, on croit faussement — en tout cas, Trump-le-naïf croit faussement –— à l’existence de fabuleuses réserves de pétrole, facilement accessibles au Venezuela. C’est le fameux chiffre de 300 milliards de barils de « réserves prouvées », selon l’expression utilisée, qui dépasseraient de 50 milliards celles de l’Arabie saoudite, pour en faire les supposées « plus grandes réserves du monde ».

C’est au mieux une extrapolation hypothétique, au pire un mensonge. Entre 2010 et 2013, alors qu’Hugo Chávez était encore vivant et en menait large au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, les statistiques officielles de l’organisation ont soudain vu les évaluations pour le Venezuela tripler, passant en gros de 100 à 300 milliards de barils, sur un claquement de doigts.

Cette évaluation ne résultait pas de grandes découvertes géologiques ni de percées technologiques qui auraient permis de nouvelles exploitations. On avait simplement changé l’évaluation officielle de certains gisements connus, dans le bassin de l’Orénoque, pour........

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