Depuis mardi, désormais

« Toute une civilisation mourra ce soir, pour ne jamais renaître. » Avec ce message de Donald Trump, quelque chose a basculé mardi matin. Les échanges entre les États-Unis, l’Iran, Israël, le Liban, les États du golfe Persique et la communauté internationale continuent d’évoluer d’heure en heure. Prenons tout de même le temps de mettre quelque chose au clair.

En droit international, le génocide est un crime consistant en l’intention précise de détruire (en tout ou en partie) un groupe national, ethnique, racial ou religieux par des meurtres, des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, ou des conditions de vie destructrices. Il faut qu’il y ait volonté délibérée d’éradiquer un groupe.

Ce que Donald Trump a fait mardi, c’est énoncer une intention génocidaire très claire d’éliminer « toute une civilisation ». Cela signifie que tout crime de guerre qui s’ensuivrait — s’en prendre à des infrastructures civiles, par exemple — pourra désormais être examiné avec le concept de génocide en tête. Surtout si cette destruction mène à des morts, à des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, ou à des conditions de vie destructrices.

Nous en sommes là. On peut repousser les ultimatums, continuer de négocier, faire le vire-capot, puis s’y remettre. Mais la ligne rouge a été traversée, les mots ont été énoncés. Par le président des États-Unis. Reculs ou non, nous entrons dans le monde du « désormais ». C’est là l’horizon des possibles. C’est là ce qui fait partie du réel.

Au Canada, on a scruté avec beaucoup d’attention la........

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