Déclassement |
Lors de la première élection de Donald Trump, en 2016, la majorité des analystes nous ont saoulés avec leur théorie de l’« anxiété économique ». À droite et au centre, comme à gauche, d’ailleurs. Ce serait le coût de la vie, l’inflation, l’insatisfaction au chapitre des salaires qui auraient alimenté le mouvement MAGA — et non un ressac raciste post-Obama ou une mouvance idéologique hostile aux immigrants. Les voix qui pointaient les liens entre le trumpisme et la suprématie blanche étaient minoritaires et minorisées : l’homogénéité sociale des médias, des deux côtés de la frontière, a contribué à faire une place dominante à l’explication économique.
Dix ans plus tard, l’heure est venue d’admettre que tout ce beau monde avait tort et qu’il a dangereusement contribué à ralentir le groupe. Si on veut apprendre de cette erreur et se développer un meilleur système immunitaire contre de tels mouvements politiques, la première étape, c’est de nommer la bourde.
Les faits ont donné tort sur toute la ligne aux tenants de la théorie « économique » dès l’analyse des sondages de sortie des urnes. Au début de la présidence de Trump, des études ont montré que les « attitudes raciales » étaient le principal prédicteur d’une nouvelle allégeance républicaine pour les électeurs blancs qui avaient voté démocrate avant les années Obama. Les chiffres montraient aussi que les personnes racisées, qui vivent en moyenne plus d’anxiété économique que les personnes blanches, n’étaient pas particulièrement tentées par le trumpisme. Les femmes noires — les personnes les........