1836, la dernière communion des patriotes et des bureaucrates |
Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons un extrait d’un texte du Cahier des Dix, no 79 (2026).
Les divergences qui opposent les parlementaires bas-canadiens, à l’aune de leur appartenance politique, ont maintes fois été cernées par l’historiographie. Patriotes et bureaucrates ont des visées politiques inconciliables.
Le mouvement patriote, teinté par le républicanisme américain au XIXe siècle, s’articule autour de la volonté de réformer démocratiquement les institutions parlementaires par le contrôle des actions du pouvoir exécutif, tandis que les bureaucrates appartiennent à un courant impérialiste et ultraconservateur tirant parti du statu quo constitutionnel et du népotisme sous l’égide du gouverneur.
Durant la session parlementaire de 1835-1836, patriotes et bureaucrates sont parvenus à adopter un ensemble de lois touchant l’État colonial, l’économie et la société civile. Ce corpus juridique, adopté conjointement par la Chambre d’assemblée et par le Conseil législatif, a pu être considéré comme étant le fruit d’accords et de compromis.
Il s’agit maintenant d’analyser les projets de loi morts au feuilleton, de l’une ou l’autre des deux chambres du Parlement du........