Grilles d’exposition

Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons la version écourtée d’un texte paru dans la revue ESPACE art actuel, no 144 (Automne 2026).

Le photographe français Nicolas Floc’h a fait de la grille à la fois un sujet de séries photographiques et de sculptures et l’outil privilégié de ses expositions, qui conjuguent un noir et blanc austère à des ensembles polychromes monumentaux, récits étonnamment sensibles de la santé des eaux océaniques et fluviales du monde.

Introduite par les artistes minimalistes et conceptuels à partir des années 1960, jusqu’à être banalisée, convoquée pour dynamiser des approches sérielles répétitives, la grille dans les espaces d’exposition influe sur le comportement du public autant que le sens des œuvres imagées. Sous sa tutelle d’aspect autoritaire et rigide s’opère une tension entre homogénéité et hétérogénéité avec laquelle Nicolas Floc’h joue jusqu’à toucher la corde sensible du public.

Comme ses aînés conceptuels Bernd et Hilla Becher à partir des années 1960, Floc’h a recensé quelques-unes des 20 000 structures de béton immergées au large des côtes de l’archipel nippon, où l’usage de cette pratique remonte au XVIIe siècle. Reposant entre 10 et 80 mètres de profondeur et, pour les plus ambitieuses, hautes de 35 mètres, elles sont construites afin de favoriser l’expansion des milieux marins et de stimuler la reproduction........

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