«La consigne, c’est l’avenir» |
La file est déjà longue dans le stationnement de l’ancienne gare d’autocars de la station Berri-UQAM, devant le dépôt de la Coopérative de solidarité Les Valoristes, lorsque j’y arrive en ce mardi matin de la fin juillet. Les collecteurs — les valoristes — affluent avec leur cargaison : un, deux, trois sacs, parfois une remorque. C’est l’été au centre-ville, on fête, on boit et on jette… en masse.
À l’intérieur du dépôt, on trie à toute allure. Le procédé est rodé au quart de tour. Surtout, on ne refuse personne. Qu’on arrive avec quatre cents canettes ou trois bouteilles, les contenants sont reçus, triés, le montant de la consigne est payé sur-le-champ. Marica Vazquez Tagliero, directrice de la coop, me salue avec enthousiasme en retirant les bouchons qui protègent ses oreilles du tintement constant de l’aluminium et du verre. C’est la cohue. Fais le tour, qu’elle me dit, ne te gêne pas.
Je suis là parce qu’au mois de juillet, Radio-Canada a révélé que Les Valoristes étaient à risque de perdre l’usage des locaux où est installé leur point de dépôt depuis 2020. Le terrain appartient à la Ville, mais il sera bientôt vendu pour qu’y soient construits des logements. Les travaux ne débuteront pas avant la fin de 2027, mais on prévoyait déloger le groupe dès cet automne, sans lui proposer de plan de déménagement.
L’affaire s’est ébruitée durant l’été, ce qui a suscité l’inquiétude des membres et des partenaires des Valoristes, surtout dans l’arrondissement de........