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Fin du bipartisme : quand le Parlement européen se "nationalise"

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28.05.2019

L'article 13 du traité sur l'Union européenne (TUE), qui contient la liste des institutions de l'Union européenne (UE), cite le Parlement européen (PE) en premier. Suivent ensuite le Conseil européen, le Conseil, la Commission européenne, la Cour de justice de l'UE, la Banque centrale européenne et la Cour des comptes. À l'image de la construction européenne, ce Parlement est original, tout en restant grandement méconnu, bien qu'étant la seule assemblée internationale élue au suffrage universel direct. Il a pourtant bénéficié d'un accroissement constant de ses pouvoirs au fil des traités européens.

Les articles 10-2 et 14-2 du TUE, dans leur rédaction issue du traité de Lisbonne, établissement très clairement un lien entre le Parlement et les citoyens de l'Union. En dépit de la crise de la représentation politique et du faible engouement pour le parlementarisme tant national qu'européen, les citoyens de l'Union sont directement représentés au PE. Et bien que les institutions européennes semblent lointaines aux citoyens de l'Union, il est fondamental de voter pour son renouvellement. La représentativité et la légitimité du Parlement ne doivent pas s'affaiblir, ni le fossé entre les citoyens et leurs représentants européens s'accroître.

De surcroît, son renouvellement tous les cinq ans représente une étape charnière dans le fonctionnement du système institutionnel de l'Union. Celui-ci s'inscrit en 2019 dans le contexte particulier du retrait du Royaume-Uni. Avec le Brexit et la montée des populismes et des nationalismes en Europe, le prochain Parlement sera davantage éclaté - ce qui ne va pas faciliter l'application du processus des Spitzenkandidaten, les nominations aux hautes fonctions européennes, ainsi que la détermination des priorités stratégiques de l'UE jusqu'à 2024.

Plus de 420 millions d'Européens des 28 États membres étaient invités à élire leurs 751 députés européens qui, une fois le Brexit intervenu, ne seront plus que 705, conformément à la décision du Conseil européen prise sur la base d'une proposition initiale du PE. Il a en effet réparti 27 des 73 sièges du Royaume-Uni entre 14 États membres, en application du principe de proportionnalité dégressive, pour tenir compte de l'évolution démographique des États membres. La France - qui passe de 74 à 79 sièges - et l'Espagne gagnent ainsi 5 sièges ; l'Italie et les Pays-Bas 3 sièges, etc.

Bien entendu, ces représentants supplémentaires n'entreront en fonction que lors du retrait effectif du Royaume-Uni. La décision du Conseil européen du 11 avril 2019 a en effet bien précisé que si le Royaume-Uni était encore un État membre entre le 23 et le 26 mai 2019, « il sera dans l'obligation de procéder aux élections au Parlement européen conformément au droit de l'Union ». L'UE s'est donc trouvée face au paradoxe qui voit un État membre souhaitant quitter l'UE élire des députés européens.

L'élection de 2019 a été marquée par une offre électorale émiettée et pléthorique. 41 listes ont été déposées en Allemagne pour 96 sièges à pourvoir ; 38 en Espagne pour 54 sièges ; 34 en France pour 74 sièges à pourvoir, tout comme en Croatie pour seulement 11 sièges à attribuer. Ce........

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