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Transport ferroviaire  : plus de concurrence ne signifie pas plus d'innovation

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16.06.2019

On fait grand cas d'une concurrence italienne possible sur la ligne TGVP Paris-Lyon après les Thellos, la liaison Paris-Venise mise en place par le même Trenitalia qui concurrencera la SNCF sur la grande vitesse. Mais n'est-ce pas l'arbre qui cache la forêt très clairsemée du transport ferroviaire?

Il ne s'y passe tout de même pas grand-chose... Car nous avons, d'un côté, la promesse des véhicules autonomes, des voitures électriques, des camions en convoi avec un chauffeur unique. D'un autre côté, nous avons la galère des trains, des infrastructures vieillissantes, des RER bondés, des retards et tout cela, malgré le potentiel du transport ferroviaire pour limiter la pollution, lutter contre le changement climatique, favoriser la transition énergétique. Pourquoi y a-t-il si peu d'innovation dans ce mode de transport comparé aux autres ? Le veto de la Commission à la fusion Alstom-Siemens n'a fait que rajouter au malaise de ce secteur malaimé.

En 2011, au niveau mondial, 43 milliards d'euros ont été dépensés en recherche et développement dans le secteur du transport mais à peine 1 milliard dans le rail. Ce faible montant peut se justifier par la taille réduite du marché ferroviaire par rapport aux autres marchés. Mais, même ramené en proportion des ventes, cela reste la plus faible.

Le bas taux d'innovation dans le rail a ses raisons : l'infrastructure ferroviaire a une durée de vie bien plus longue qu'une voiture qu'on remplace au bout de quelques années. Les équipements doivent être compatibles avec l'infrastructure existante et la priorité est à la sécurité ce qui impose des tests intensifs avant de pouvoir mettre une innovation en service. Un autre secteur, qui met aussi l'accent sur la sécurité, a pourtant connu une forte innovation : le transport aérien. Sous l'effet de la concurrence, on a vu arriver un taux d'utilisation des avions plus grand, la vente en ligne, du marketing innovant, de la gestion dynamique des prix des billets (yield pricing management). Les compagnies aériennes, qui se........

© La Tribune