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Économie informelle : cinq mythes à déconstruire à travers le mon...

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18.06.2019

À partir du 1er juillet 2019, les Australiens pourront appeler une « hotline » dédiée au travail au noir pour dénoncer au fisc les entreprises frauduleuses.

Ce nouveau service fait partie d'un plan gouvernemental plus large visant à lutter contre l'économie informelle.

Dans un tout autre contexte, au Bangladesh où 87 % de jeunes sont engagés dans le secteur informel, le gouvernement lancera bientôt un programme afin d'aider ces travailleurs à être mieux insérés dans la croissance du pays rapporte le Global Times.

Ces deux approches témoignent de la difficulté d'intégrer le travail informel dans l'économie des pays : doit-on le combattre ou s'en accommoder ?

Nous autres chercheurs sommes souvent interrogés sur les « risques » associés à l'économie informelle. N'est-elle pas cause de « manques à gagner » pour la société ? Ces travailleurs ne passent-ils pas à côté d'« opportunités » ? Ce que ces questions révèlent avant tout, c'est à quel point le travail informel est souvent perçu de façon négative.

En tant que citoyens et chercheurs, nous avons dressé la liste de cinq idées reçues régulièrement entendues à propos des travailleurs du secteur informel.

Ils ne contribuent qu'à l'économie parallèle.

Ils viennent de milieux défavorisés et ont un faible niveau d'éducation.

Ils sont vulnérables et désespérés.

Ils n'utilisent pas les nouvelles technologies et sont donc laissés pour compte.

Le travail informel doit être régularisé à tout prix.

Bien que cette liste ne soit pas exhaustive et que ces clichés soient parfois fondés, nous nous proposons d'expliquer ici pourquoi elles doivent être nuancées. Selon les premiers résultats de notre étude sur les économies émergentes, déconstruisons et revisitons les idées préconçues qui existent sur le travail informel.

Réponse : selon les pays, les revenus du secteur informel représentent 25 à 50 % du produit intérieur brut (PIB) non-agricole.

L'économie informelle revêt des formes très diverses et se caractérise par une vulnérabilité des travailleurs. Elle participe cependant à la fabrication de nombreux produits et au fonctionnement de nombreuses activités qui animent notre quotidien.

Une même personne peut par ailleurs alterner travail formel et informel. L'observation des trajectoires d'emplois de 2 000 travailleurs bangladais révèle que la plupart oscillent entre des emplois formels, caractérisés par exemple par des contrats de travail, et des situations relevant de l'économie informelle.

Les entreprises jouent aussi un rôle dans ce phénomène. Des recherches menées sur le secteur manufacturier indien montrent que dans les années 2000, le pourcentage de travailleurs en contrat temporaire avec des entreprises officiellement déclarées est passé de 16 à 27 % à l'échelle nationale.

Cette situation n'est pas l'apanage des économies en développement, puisqu'elle existe aussi dans certains pays membres de l'OCDE, comme les Pays-Bas, où le système fiscal tend à........

© La Tribune