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Requiem pour les passions tristes

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18.11.2019

Savez-vous pourquoi l'on est généralement exsangue après une séance d'achats dans un grand magasin ou un centre commercial ? Certains ont tôt fait de mettre sur le compte de la foule la forme d'exténuation propre à ce type d'exercice. En réalité, pour la plupart d'entre nous, l'agoraphobie n'est pas responsable. C'est notre cerveau qui nous épuise. Construit pour effectuer en permanence des arbitrages, ce dernier se trouve confronté au scénario catastrophe lorsque s'offrent à lui des multitudes de choix. Ainsi, au gré des déambulations et du repérage visuel, notre cerveau va constamment arbitrer et mesurer les sollicitations afin de les confronter aux besoins, au stock existant de vêtements ou d'objets, à la projection de l'avenir que nous avons construite, et, in fine, du budget. En présence de milliers d'arbitrages effectués très rapidement, les neurones frisent la surchauffe. Résultat, nous sommes généralement lessivés par l'exercice. Le désamour grandissant pour les hyper-marchés de banlieue ne procède pas d'un autre phénomène. Peu à peu lassés par ces longues après-midis à pousser un chariot dans des allées bondées de milliers de références, les consommateurs ont préféré se recentrer sur des supérettes urbaines offrant dix fois moins de choix, et autant de temps de cerveau dépensé en moins.

Il faut dire qu'au cours des vingt dernières années, cette fonction d'arbitrage de notre cerveau n'a jamais été autant sollicitée, et le phénomène a été amplifié par l'arrivée de la technologie. Au-delà de la boutade de Laurence Parisot,........

© La Tribune