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Le rendez-vous manqué du « cercle de la raison »

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25.11.2019

« There is no alternative » et « Adults in the room ». Deux formules prononcées à près de quarante ans d'intervalle par deux femmes emblématiques d'une certaine idée de la mondialisation : Margaret Thatcher et Christine Lagarde.

Chacune à sa manière, ces antiennes ont contribué à opérer un basculement -vers la droite- du centre de gravité de la globalisation lors de deux périodes charnières. D'un côté, le leitmotiv thatchérien prononcé depuis le perron du 10 Downing Street le 25 Juin 1980 a consacré l'idée selon laquelle « le marché, le capitalisme et la mondialisation sont des phénomènes nécessaires et bénéfiques et que tout régime qui prend une autre voie court à l'échec. » Articulé à l'origine pour défendre la politique monétariste britannique, « There Is no alternative » (TINA), devient rapidement un dogme, puis carrément un courant de pensée dominant avec la chute du mur de Berlin. Au cours des décennies suivantes, partout souffle le vent de la dérégulation, porté ensuite par l'Amérique de Bill Clinton et ses « autoroutes de l'information » qui préfigurent l'ère du tout numérique. La mondialisation est alors triomphante, et même la crise financière mondiale de 2008 ne permettra pas de renverser la tendance. C'est dans ce contexte qu'il faut analyser la déclaration péremptoire de Christine Lagarde lors du paroxysme des négociations pour le sauvetage de la Grèce le 18 Juin 2015 : "Pour le moment, nous sommes à court de dialogue, l'urgence c'est de restaurer un dialogue avec des adultes dans la........

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