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Le crépuscule du prêt-à-penser économique ?

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18.09.2019

Que pourrait-il y avoir de commun entre l'économiste Thomas Piketty, une obscure ONG tunisienne du nom d'Instance Vérité et Dignité (IVD), le philosophe anarchiste canadien Norman Baillargeon et l'ancienne tête de liste aux Européennes François-Xavier Bellamy ? A priori, rien. Sauf que ces quatre protagonistes symbolisent en partie le mouvement de fond qui agite le monde des idées sur le plan économique. Pour des raisons certes différentes, mais intimement liées.

Beaucoup de choses ont été dites sur l'œuvre de l'économiste Piketty, dont l'opus précédent, « Le Capital au XXIe siècle », a connu un succès mondial immense, et dont le dernier livre « Capital et Idéologie » vient compléter une œuvre presque entièrement dédiée à l'étude des inégalités. En s'appuyant sur des données fiables, l'économiste français réussit une démonstration imparable de ce que beaucoup d'entre nous savaient déjà, mais ne savaient encore formuler.

Pour lui, l'idéologie « propriétariste » a constamment trouvé les voies et les moyens d'organiser sa perpétuation, tout comme la justification des inégalités a toujours trouvé des idéologies - et donc des idéologues- pour « sanctuariser » un état de fait. Toujours selon Piketty, les « inégalités ne naissent pas d'elle-même, elles sont construites et argumentées », car les systèmes humains ont besoin de donner du sens, quitte à verser dans la post-rationalisation.

Dans ce contexte, le livre tombe à pic pour prendre à bras le corps le sujet des inégalités, qui a été, rappelons-le, la raison profonde de la crise économique de 2008, qui avait consacré la faillite de la pensée économique contemporaine. Au-delà de l'analyse au scalpel des systèmes qui ont installé durablement........

© La Tribune