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Géographie des passions contrariées

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29.10.2019

Pour les experts, cette ruée sur les animaux de compagnie dans les pays riches est un indice de l'émergence d'une « nouvelle société » dont la première conséquence serait que les « millenials » ont des enfants de plus en plus tard, préférant la compagnie de leurs animaux. De manière emblématique, en Corée du sud, comme le souligne « Le Nouvel Économiste », les propriétaires d'animaux de compagnie ne se considèrent plus comme des « maîtres » ou des « parents », mais comme des « majordomes », au service de leurs boules de poils. En clair, la pyramide s'est inversée, avec à son sommet des animaux de compagnie qui disposent désormais de leurs hôtels, d'une alimentation spécifique ou encore de leur industrie de la mode, avec à leur service des humains dont le lien social s'est profondément altéré au point de bouleverser une hiérarchie millénaire.

Cette évolution a de quoi faire peur, car elle déplace le centre de gravité de ce qui fonde les politiques publiques depuis plus d'un siècle. En passant de l'« économie du bien-être » vers l' « économie du paraître », elle-même issue de l' « économie de l'attention », nous bouleversons la manière d'appréhender les échanges au sein de la société. En clair, les réseaux sociaux ont provoqué une rupture importante dans la manière dont nous considérons nos rapports aux autres, privilégiant la manière dont on voudrait être perçu au détriment de nos passions profondes, qui sont donc forcément contrariées.

Pour comprendre les enjeux de ce basculement, rappelons brièvement les fondements de l' « économie du bien-être » et leur impact sur l'organisation et la projection de la société. Comme le résume la........

© La Tribune