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Coronavirus : pour qui sonne le glas de l’Etat-Providence ?

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25.05.2020

L'Etat-Providence, sous ses formes les plus généreuses - comme en France ou en Europe du Nord- mais également sous ses formes les plus frugales - dans les pays anglo-saxons- est depuis l'avènement du XXIème siècle aux prises avec une triple pression qui le remet en cause dans son essence même. Il est donc paradoxal que les peuples et intellectuels le réclament avec force, après avoir méthodiquement assisté à son démantèlement progressif et à la baisse drastique de ses moyens et de ses marges de manœuvre.

La première mise sous pression de l'Etat-Providence est économique et technologique. L'entrée dans la société de l'information au début de la décennie 90, la naissance des géants du net, la digitalisation, puis la quatrième révolution industrielle ont bouleversé les ordres établis, ainsi que la répartition des richesses.

Cette accélération brutale de l'histoire a entrainé les faillites d'entreprises que l'on pensait indéboulonnables -Kodak, Blockbuster, Enron, Arthur Anderson- et a accru les inégalités de manière incommensurable. Ainsi, en 2020, 30 milliardaires- des hommes pour la plupart- possèdent autant que 3,5 milliards d'humains. Or, plus de la moitié de ces personnes ont créé une entreprise technologique qui a moins de 30 ans. Dans l'intervalle, la prospérité engendrée par la révolution technologique a créé une bulle spéculative qui a éclaté en 2007 avec la crise des « subprimes ». La suite est connue, la planète est entrée dans une crise financière mondiale, qui n'a pu être freinée que par un afflux massif de création monétaire par les banques centrales, réduisant les taux d'intérêt des Etats à la portion congrue et ne laissant quasiment plus de marge de manœuvre en cas de survenance d'une autre crise. Comme c'est le cas aujourd'hui.

Enfin, la quatrième révolution industrielle, qui a la spécificité de détruire autant d'emplois chez les cols bleus et les cols blancs a accru les écarts de richesse et d'opportunité, stimulant ce fameux « sentiment de déclassement ». Ceci a entrainé une perte du sens, et a occasionné la genèse de mouvements sociaux issus des rangs des « humiliés de la mondialisation » dont les « Gilets jaunes » ou « Occuppy Wall Street » sont des avatars........

© La Tribune


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