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Archipel de l’apocalypse

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07.10.2019

Dans la formidable bataille des volontés qui oppose l'Amérique à la Chine- dont la bataille commerciale n'est qu'un aspect d'une guerre économique beaucoup plus large- une partie du monde semble comme oubliée par l'actualité : les émergents. A la mode il y a encore cinq ans, ceux que Goldman Sachs a nommé les BRICS - acronyme désignant Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud- ont quasiment disparu du débat public.

Bien entendu, il existe des raisons objectives au déclin des BRICS. Le Brésil a connu une succession de crises politiques majeures ainsi qu'une récession économique de premier plan, dont le résultat fut l'élection de Jair Bolsonaro en 2018. La Russie, sur fond de baisse du cours des matières premières, s'est mise en difficulté sur le front Syrien et en Ukraine avant de reprendre la main grâce à une stratégie d'influence florentine dont le maître du Kremlin est le seul à détenir les clés. En Inde, le « miracle économique » promis depuis des décennies, n'a pas eu lieu, et un repli identitaire s'est opéré conduisant à une radicalisation de la position du pays sur la délicate question du Cachemire. Quant à l'Afrique du sud, le pays a traversé la plus grave crise politique de son histoire depuis la fin de l'Apartheid, conduisant Jacob Zuma à la démission et le pays au bord de l'asphyxie économique. Seule la Chine a réussi à tirer son épingle du jeu, quittant de facto le club des BRICS pour rejoindre le club ultra-fermé des grandes puissances mondiales, générant ainsi des étincelles entre Pékin et Washington. En bref, la plupart des grands émergents se sont recroquevillés sur eux-mêmes, perdant leur statut de futur relais de la croissance mondiale.

Certains voient dans ce déclin le résultat d'un emballement de l'écriture médiatique, souvent prompte à se trouver de nouveaux héros à travers un narratif simplificateur. Il faut dire que l'histoire était plutôt........

© La Tribune