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Entre impunité et devoir de mémoire

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24.04.2026

Face à l’inertie des instances judiciaires et politiques haïtiennes dans la reconnaissance des crimes du duvaliérisme, les artistes se sont saisis du devoir de mémoire. En érigeant leurs œuvres contre l’oubli, ils restaurent une histoire que le pouvoir tente parfois d’effacer.

Le décès de Jean-Claude Duvalier en octobre 2014 à Port-au-Prince, sans qu’il ait jamais vraiment eu à répondre devant la justice haïtienne malgré des poursuites entamées en 2011, a suscité de vives réactions, entre indignation chez les victimes et leurs proches et prises de position plus ambivalentes chez d’autres.

Le président de l’époque, Michel Martelly, a alors salué le départ d’« un authentique fils d’Haïti », réduisant à de simples « querelles » et « divergences » ce qui fut pourtant un régime marqué par la violence étatique sous toutes ses formes, notamment la répression politique, les arrestations arbitraires, l’exil forcé, la violence des milices et un climat de terreur ayant coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes. Par ces mots, l’ancien chef d’État a contribué à une banalisation du duvaliérisme, révélatrice d’un rapport trouble au passé.

Quarante ans après la chute de la dictature des Duvalier, en février 1986, que reste-t-il de ce régime, alors que cet anniversaire est largement passé inaperçu dans la presse internationale ? Est-ce le signe d’une lassitude........

© La Presse